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Victoire pour l’Insertion par l’activité économique : le projet de loi de finances 2026 limite la casse

C’est une victoire partielle certes, mais remportée de haute lutte. Le recours par le gouvernement à l’article 49.3 pour l’adoption du Projet de loi de finances 2026 a finalement épargné, dans une certaine mesure, le secteur de l’Insertion par l’activité économique (IAE), malgré une conjoncture sociale tendue.

Initialement, le PLF prévoyait une coupe drastique de 12 % du budget IAE, soit 20 000 postes supprimés, ce qui aurait menacé 60 000 parcours d’insertion pour les personnes très éloignées de l’emploi. Ce scénario aurait donc fragilisé durablement les structures déjà affaiblies par les restrictions budgétaires de 2025.

Face à un compromis parlementaire transpartisan inédit, le gouvernement a finalement limité la baisse des crédits à 2 %, ajoutant 128 millions d’euros supplémentaires pour financer les aides aux postes. Une décision qualifiée de « correction bienvenue » par les acteurs de l’IAE, qui évite une casse généralisée mais reste en deçà des propositions votées en commission des finances à l’Assemblée (+244 M€) et au Sénat (+139 M€). Selon les calculs du Collectif IAE, près de 3 000 postes restent donc supprimés par rapport à 2025.

« Nous demandions 244 millions d’euros pour maintenir l’action de l’IAE à son niveau de 2024. Les 128 millions obtenus, même s’ils limitent la casse, restent insuffisants », alerte Yann Fradin, membre du bureau d’Emmaüs France.

La formation, enjeu majeur, toujours menacée

La question du Plan d’investissement dans les compétences (PIC IAE) reste ouverte. Ce dispositif, vital pour lever les freins à l’emploi des personnes en insertion – 80 % ayant un niveau d’étude inférieur au bac – n’est pas encore clairement financé dans la version finale du budget. La suppression du PIC par le Sénat en cours de débat avait déjà réduit les crédits de 30 millions d’euros en 2025.

Le Collectif IAE, qui représente dix réseaux nationaux, insiste : la formation doit être sanctuarisée pour sécuriser les parcours et faciliter le retour durable à l’emploi des personnes les plus éloignées du marché du travail.

Une mobilisation préventive : la lettre au Premier ministre

Quelques jours avant le vote, le 19 janvier, le Collectif IAE avait adressé une lettre solennelle au Premier ministre pour alerter sur les conséquences de la baisse budgétaire. Les réseaux réclamaient :

  •  le maintien des crédits IAE au niveau de 2024 (+244 M€),
  •  l’indexation des aides aux postes sur le SMIC,
  •  la création d’une ligne budgétaire spécifique de 100 M€ pour le PIC IAE,
  •  la mise en place d’un fonds d’appui aux structures en difficulté doté de 40 M€.

« L’insertion n’est pas une dépense, c’est un investissement pour l’avenir », rappelaient-ils, soulignant que chaque euro investi génère ensuite des recettes via contributions sociales et impôts.

Des arbitrages encore attendus

Malgré l’ajout de crédits, le secteur reste néanmoins sur une trajectoire d’austérité et les arbitrages à venir seront cruciaux pour préserver l’offre d’insertion sur les territoires, éviter la fermeture de structures et continuer à accompagner les publics les plus vulnérables.

Les parlementaires et les associations espèrent que le gouvernement saura, dans les prochains mois, compléter ce budget pour sécuriser les parcours et la formation, véritables leviers pour un plein emploi inclusif et une cohésion sociale renforcée.

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