À l’heure où les incertitudes économiques et budgétaires pèsent de plus en plus lourd sur l’emploi dans l’économie sociale et solidaire, certaines annonces font figure de signaux encourageants. C’est le cas de la Macif, qui annonce le recrutement de plus de 1 600 personnes en 2026, un niveau équivalent à celui de l’an dernier, confirmant ainsi une stratégie de développement et d’ancrage territorial sur le long terme.
Mutuelle d’assurance au service de 6,37 millions de sociétaires, la Macif poursuit une politique de ressources humaines qui tranche avec le climat actuel de prudence, allant du gel des recrutements aux suppressions de postes, observé actuellement dans plusieurs associations, dans l’économie sociale et solidaire, mais aussi dans une partie de l’économie traditionnelle.
Des recrutements massifs, majoritairement en CDI et en régions
Sur les plus de 1 600 recrutements annoncés pour 2026, 1 156 seront réalisés en CDI, auxquels s’ajouteront plus de 200 contrats en alternance. Ces embauches concerneront une trentaine de villes sur l’ensemble du territoire, illustrant la volonté de la Macif de renforcer ses équipes au plus près des besoins des sociétaires, loin d’une logique de centralisation.
Agen, Arles, Belfort, Clermont-Ferrand, Compiègne, Laval, Lille, Nantes Rezé, Niort, Marseille, Strasbourg, Toulouse ou encore Vendin-le-Vieil figurent parmi les territoires concernés. Une dynamique régionale qui, en termes d’emplois, viendrait compenser en partie les difficultés rencontrées par d’autres acteurs de l’ESS fragilisés par la baisse des financements publics et par la hausse des charges.
Miser sur la qualité de service et les parcours professionnels
Les principaux besoins de la Macif portent sur les métiers commerciaux et de la gestion de sinistres, des fonctions clés pour maintenir un haut niveau de qualité de service. Mais la Macif recrute également sur un large éventail de métiers : actuariat, finance, informatique, juridique, conformité, marketing ou encore ressources humaines.
Pour Nicolas Llorens, directeur des ressources humaines de la Macif, ces recrutements s’inscrivent dans une vision de long terme : « Au-delà du recrutement, nous nous attachons à fidéliser les salariés grâce à nos dispositifs de formation, d’accompagnement et d’évolution professionnelle, pour permettre à chacun de développer ses compétences et de construire son parcours au sein de la Macif. »
Un discours qui fait écho aux valeurs mutualistes et à une conception durable de l’emploi, là où la précarisation progresse dans d’autres segments de l’économie sociale.
L’alternance et la formation comme leviers d’inclusion
La Macif poursuit également son engagement en faveur de l’employabilité des jeunes et des personnes en reconversion. En 2026, plus de 200 alternants seront accompagnés, dont plus de 100 au sein du CFA Macif, créé en 2021. Formation certifiante, accompagnement individualisé, expérience professionnelle rémunérée et perspectives d’embauche en CDI : l’alternance est pensée comme un véritable tremplin vers l’emploi durable.
La mutuelle propose par ailleurs des stages dans de nombreux domaines, offrant aux étudiants une première immersion dans les métiers de l’assurance, avec un suivi RH structuré.
Une politique RH fidèle à l’ADN mutualiste
Autre illustration de cette culture d’entreprise : le dispositif de cooptation solidaire, qui a permis 170 recrutements en 2025 sur la base de recommandations internes d’autres salariés. Chaque cooptation validée donne lieu à une prime pour le salarié, mais aussi à un don à des associations partenaires, en cohérence avec les engagements mutualistes de la Macif.
Enfin, l’accessibilité des emplois reste un marqueur fort. Tous les postes sont ouverts aux personnes en situation de handicap, avec un taux d’emploi qui atteignait 8,15 % en 2024, bien au-delà des obligations légales.
Dans un contexte où les acteurs de l’économie sociale et solidaire alertent sur les risques de recul de l’emploi et des compétences, l’annonce de la Macif fait figure de contrepoint encourageant. Elle rappelle qu’un modèle économique fondé sur la solidarité, la proximité et l’investissement dans les femmes et les hommes peut aussi être synonyme de stabilité, d’attractivité et de création d’emplois durables.
Une bonne nouvelle, donc, pour les territoires, pour l’ESS, et pour celles et ceux qui cherchent à donner du sens à leur parcours professionnel.



