Vénézuela, Ukraine, Palestine… Et demain Groenland, Cuba, Taiwan ? Face au désordre du monde, l’inquiétude ne change rien. Elle paralyse. Alors que le véritable remède, c’est l’action. Les acteurs de l’économie sociale et solidaire ne le savent que trop : pour eux, cette année 2026 sera celle de nouveaux choix, de décisions difficiles, et de l’action. Et Mediatico les soutiendra.
Dans mon métier de journaliste, j’informe sur les désordres du monde, car ne pas informer condamne à subir. Et cela, je m’y refuse. Avec Mediatico, j’expose les crises, les injustices, les failles, mais aussi les solutions. Parfois, je vous inquiète. Mais l’inquiétude naît quand l’information n’est qu’émotionnelle, sans perspective, sans prise sur le réel. C’est pourquoi j’essaie de donner du sens, car la lucidité permet d’agir.
Des traits de lumière sur tout sur le territoire
Lors du Forum mondial de l’ESS, à Bordeaux, Margie Mendell invitée sur notre plateau (revoir notre émission) citait Léonard Cohen, dans sa chanson Anthem : « There is a crack in everything — that’s how the light gets in ». Il y a une faille dans toute chose, c’est par là que jaillit la lumière. Ce n’est pas un hasard si les mots lumière et lucidité ont une étymologie commune.
Depuis douze ans, je raconte, je montre et je donne la parole à celles et ceux qui résistent, qui inventent, qui réparent. Car avec l’économie sociale et solidaire, les initiatives locales à impact positif sont légion. Ces traits de lumière qui croisent notre route et éclairent nos esprits sont peu visibles. Il leur faut donc des portes-parole pour les montrer en exemple, pour les héroïser !
Changer les récits pour changer le réel
Avez-vous lu l’excellent message de bonne année de Jérôme Troquereau (lire ici) ? Il est directeur régional du réseau d’insertion par l’activité économique INAE, en Nouvelle-Aquitaine, qui fêtera cette année ses dix ans. J’adhère à 100% à ses voeux pour « une année 2026 lucide, vivante, et profondément engagée ». Hormis sa modestie sur l’héroïsation des acteurs de l’ESS : il faut les montrer en exemple ! Non seulement parce qu’ils et elles le méritent, mais parce que l’inspiration est mobilisatrice et aide à remporter les combats de demain.
L’échange s’ensuit avec Nicolas Froissard, directeur général de l’association Espaces et créateur du hashtag #DenonceTesHeros, qui est devenu une véritable communauté. À quoi sert de refuser l’héroïsation, demande-t-il : « Il faut y aller à fond, au contraire. Le camp d’en face, les individualistes, les nombrilistes, les racistes n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Oui, il nous faut de nouveaux récits ! Oui, dans cette société de la résignation et du cynisme, celles et ceux qui sont dans l’action et proposent un modèle respectueux de l’humain et de l’environnement sont des héros et héroïnes du quotidien » !
Agir à son échelle, ici et maintenant
Pour 2026, un espoir incroyable s’offre donc à nous. Cet espoir, c’est vous, c’est moi, c’est chacun d’entre nous. Nous n’avons pas la capacité de changer le monde, mais chacun peut changer le monde autour de soi. Il suffit d’agir à son échelle.
À titre personnel, je me suis engagé en créant un café associatif près de chez moi. Et aujourd’hui, je publie un livre : « Les cafés associatifs, l’engagement citoyen à hauteur de quartier » (éditions Les Petits Matins). Un livre qui fait du bien, ouvre des portes et donne de l’espoir à la portée de tout un chacun, dans son quartier, dans son village. Et si j’ai pris plaisir à l’écrire ces derniers mois, c’est pour partager avec vous à la fois une expérience et une vision.
L’expérience, c’est celle du Moulin à Café. Créé par et pour les habitants, il est né en 2006 et fêtera cette année ses 20 ans. Un projet local, participatif, engagé, solidaire, ouvert sur le quartier et sur le monde, comme il en faudrait partout ! À la fin de l’ouvrage, j’y glisse quelques conseils pour qui voudrait créer le sien.
Le Moulin à Café, une preuve par l’exemple
La vision, c’est celle de cafés associatifs comme des espaces précieux au carrefour de deux mondes : l’univers des cafés, et celui des associations. Les cafés associatifs sont à la fois creuset de lien social, lieux d’expression populaire et instruments de politiques publiques. Ils portent toujours des projets culturels, écologiques, alimentaires, solidaires ou de lutte contre l’isolement.
Dans l’ouvrage, je vous parle de sociologie, d’histoire des cafés et de courants artistiques. Mais aussi de bénévolat, d’engagement collectif, d’utilité territoriale, sur laquelle les pouvoirs publics ne peuvent pas fermer les yeux : j’insiste sur la nécessité d’encourager l’émergence, le développement et la pérennité des cafés associatifs partout en France, au travers d’une politique nationale de soutien aux cafés associatifs car ils sont l’expression des besoins des habitants.
Au fil des pages, je cite une quarantaine de cafés associatifs et je m’essaie à un délicat exercice de chiffrage, en attendant des statistiques officielles : j’estime qu’il existerait en France au bas mot 500 cafés associatifs, qui génèrent 1500 emplois directs, mobilisent près de 12 000 bénévoles et accueillent ensemble plus de 3 millions de personnes par an.
2026, l’année des traits de lumière
Les cafés associatifs, les initiatives locales, les héros du quotidien : voilà ce que je raconte depuis douze ans. Voilà ce que nous pouvons tous incarner, car chacun peut agir, créer, soutenir, partager, inspirer. C’est ce que font les acteurs de l’économie sociale et solidaire, et c’est ce que nous pouvons tous faire à notre échelle.
En 2026, chacun de nous peut devenir, à sa manière, un trait de lumière. Gandhi le résumait ainsi : « La meilleure façon de se trouver est de se perdre au service des autres. »
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Envie de découvrir le livre ? Rendez-vous pour une soirée dîner-débat-dédicace, bien sûr au Moulin à Café, le mercredi 4 février 2026 à 18h30 !


