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Conseil économique, social et environnemental : l’élection de Claire Thoury saluée par toute l’ESS

C’est une élection historique pour la démocratie sociale et la société civile organisée. Mercredi 20 mai, Claire Thoury a été élue présidente du Conseil économique, social et environnemental avec 97 voix sur 173 votants, soit 56% des voix face à sa concurrence Dominique Carlac’h soutenue par les réseaux patronaux. À 37 ans, Claire Thoury devient ainsi la première femme à prendre la tête de cette institution créée il y a près d’un siècle, souvent qualifiée de « troisième chambre de la République ».

Au-delà du symbole, c’est une victoire majeure pour le monde associatif et l’économie sociale et solidaire. Présidente du Mouvement associatif depuis cinq ans après avoir dirigé notamment le réseau étudiant Animafac, sociologue et spécialiste des questions d’engagement citoyen, Claire Thoury portait depuis plusieurs mois une candidature fondée sur le dialogue, la co-construction et la participation citoyenne.

Dans son premier discours, la nouvelle présidente du CESE a insisté sur la nécessité de « construire un chemin acceptable et accepté par le plus grand nombre », défendant une démocratie capable « d’expérimenter ensemble » et d’élaborer des solutions collectives dans une période marquée par les fractures sociales et politiques.

Une victoire du monde associatif

L’élection de Claire Thoury a immédiatement suscité une vague de réactions enthousiastes dans l’ESS, les syndicats, les réseaux associatifs et les corps intermédiaires.

Pour Benoît Hamon, cette élection envoie « un message fort d’attachement à l’intérêt général, à l’initiative citoyenne et à la démocratie continue » dans une période où « la démocratie vacille en Occident ». L’ancien ministre a également salué l’arrivée à la tête du CESE d’une représentante d’un secteur qui « irrigue tout le pays » : les 1,6 million d’associations françaises, leurs 13 millions de bénévoles et leurs centaines de milliers de salariés.

Même tonalité du côté de Hexopée, dont le délégué général David Cluzeau a évoqué « une excellente nouvelle pour le dialogue démocratique et la société civile organisée », saluant un engagement « au service du dialogue et de l’intérêt général ».

Le Mouvement associatif a lui aussi parlé d’une élection « doublement historique », rappelant qu’il s’agit de la première femme et de la première personnalité issue du monde associatif à présider l’institution. Le réseau a souligné « une reconnaissance forte de la place de la société civile organisée dans notre démocratie et du rôle essentiel des associations dans la cohésion sociale, l’engagement citoyen et l’intérêt général ».

Le CESE comme espace de dialogue démocratique

Dans de nombreux messages publiés après le scrutin, un même constat revient : le besoin de réhabiliter les espaces de dialogue collectif dans une société marquée par la défiance démocratique.

Car le CESE, parfois critiqué pour son manque de visibilité, demeure un lieu singulier où se rencontrent syndicats, associations, mutuelles, coopératives, organisations patronales et environnementales. Une assemblée qui peut devenir, selon les soutiens de Claire Thoury, un espace essentiel de médiation et de construction de compromis.

« Nous avons besoin d’institutions capables d’écouter le pays réel », résume un responsable associatif. « Nous avons besoin de reconnaître que la démocratie ne se résume pas au face-à-face entre l’État, le marché et les individus. »

Cette vision rejoint celle défendue par Claire Thoury durant toute sa campagne : une démocratie du temps long, fondée sur la délibération, la recherche du consensus et l’implication des citoyens. La nouvelle présidente a également plaidé pour « l’acte 2 » de la réforme du CESE, afin de renforcer son rôle dans la vie démocratique française.

Une reconnaissance de l’économie sociale et solidaire

L’élection de Claire Thoury apparaît enfin comme une reconnaissance politique du poids pris par l’économie sociale et solidaire dans les grands débats de société.

Soutenue par une large partie du mouvement associatif, des syndicats de salariés, de la mutualité et des employeurs de l’ESS, la nouvelle présidente du CESE incarne une autre manière de penser l’économie : plus attentive à l’intérêt général, aux solidarités et à la participation citoyenne.

Dans un contexte de crises sociales, démocratiques et écologiques, son arrivée à la tête du CESE est perçue par beaucoup comme un signal fort envoyé aux acteurs de terrain qui, chaque jour, font vivre les associations, les coopératives, les mutuelles et les initiatives citoyennes.

Une manière aussi de rappeler que la société civile organisée est une condition indispensable à un bon fonctionnement démocratique.

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