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FNAF 2027 : le bilan des 20 ans du Forum national des associations et fondation

Pour son vingtième anniversaire, le Forum national des associations et fondations (FNAF) a réuni au CentQuatre plus de 5100 participants. Entre financements incertains, libertés associatives en débat et appels à « faire ensemble », la journée a aussi dessiné un agenda politique pour la présidentielle.

Le jeudi 15 octobre, le FNAF a quitté ses habitudes pour s’installer au CentQuatre, dans le 19e arrondissement de Paris, au lieu du Palais des congrès de Paris. Nouveau lieu, nouvelle mainstage, nouvel espace d’exposition : l’événement a accueilli 130 partenaires et exposants ainsi que plus de 5100 visiteurs, un succès dont se félicitent l’organisateur, le groupe de presse EBRA, et son actionnaire le Crédit Mutuel ! 

Partenaire éditorial de cette édition, Mediatico a suivi la journée de bout en bout et animé les échanges sur la mainstage (les vidéos seront bientôt disponibles sur le site du FNAF). Premier constat : le changement de décor a produit un forum plus ouvert et plus convivial, même si la tonalité des débats est restée grave.

Un tissu dense, mais fragile : le paradoxe fondateur

Les chiffres de cadrage, rappelés en ouverture, disent à la fois la force et la vulnérabilité du secteur : 1,4 million d’associations, 20 millions de bénévoles, 2 millions de salariés. Claire Thoury, Axelle Davezac et Benoît Hamon ont ouvert la journée. Respectivement présidente du CESE, directrice générale de la Fondation de France et président d‘ESS France, ils ont résumé la situation en soulignant que la France compte l’un des tissus associatifs les plus denses du monde, présent dans toutes les sphères de la vie des individus. Ils ont bien sûr rappelé que l’emploi associatif recule, et surtout que financement et engagement restent les points durs. Mais ils ont aussi insisté sur le niveau de confiance élevé des Français envers leurs associations.

Tarek Daher, président du Mouvement associatif élu la semaine précédente, en tire une conséquence pour les structures : engager les bénévoles dans la durée suppose de les accompagner dans la durée. Autrement dit, la diversification de l’engagement n’est pas un problème de motivation des citoyens, mais un défi d’ingénierie et de moyens pour les associations.

La dépendance financière, question centrale des tables rondes

Le fil rouge de la journée tenait en une question : sur quoi repose la relation entre ceux qui financent et ceux qui agissent ? La table ronde de Don en Confiance l’a posée sans détour : « Main dans la main ? Générosité privée et associations, une relation entre confiance et dépendance ». Les interrogations étaient précises : jusqu’où accepter les conditions d’un financeur, comment évaluer sans dénaturer, comment bâtir une relation d’égal à égal quand l’un donne et l’autre reçoit.

Du côté des financeurs, Epic Foundation a défendu le don stratégique : des financements flexibles, sur des montants substantiels et dans le cadre d’engagements pluriannuels. Sa directrice générale, Sarah Mariotte-Tirmarche, a aussi plaidé pour repenser les partenariats public-privé-associations en donnant à chaque acteur les moyens d’agir dans son champ d’expertise. Josepha Poret, directrice de Ronalpia, a défendu la même ligne en appelant à placer au cœur la logique du « faire ensemble ». 

Du plaidoyer à l’outillage : le secteur se structure aussi par le bas

La journée a aussi porté sur les outils d’accompagnement des associations. Le Conseil national de l’ordre des experts-comptables a dévoilé MonDiagAsso, un outil gratuit de diagnostic destiné aux associations et aux fondations. Il couvre la gestion, les finances, le budget, la comptabilité et la fiscalité, et vise à ouvrir le dialogue entre gouvernance, équipes et expert-comptable. L’outil a été lancé symboliquement en présence de la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marina Ferrari. Chakib Hafiani, qui préside le comité ESS du CNOEC, indique que cette première version sera étendue à d’autres thèmes.

Des tables rondes ont aussi permis de faire le point sur les accompagnement personnalisés de dirigeants, en cas de difficultés de gestion majeures qui nécessitent un accompagnement pair-à-pair (avec l’UDES ou l’Avise, entre autres), ou en cas de difficultés psychologiques et de burn out : l’Institut des dirigeants d’associations et de fondations a fait de la gouvernance et de la santé mentale des dirigeants des sujets à part entière, signe que la professionnalisation du pilotage associatif est désormais assumée.

Même logique de structuration du côté des ateliers dédiés à la mesure d’impact et au financement de l’entrepreneuriat féminin dans l’ESS, portés par la Caisse d’Epargne avec Nexem, Mirova Foundation et France Active. 

Le message politique : élus et collectivités, prenez le relais

C’est la campagne « La France qui (se) bat », portée par France générosités et le Mouvement associatif, qui a le plus clairement tendu le forum vers l’échéance présidentielle. Laurence Lepetit et Mickael Huet ont présenté une vidéo d’interpellation adressée aux élus, aux collectivités et aux partenaires : vous avez le pouvoir de soutenir les associations, et le devoir de les protéger. La Fresque de l’engagement, réalisée collectivement par les participants avec l’association art-exprim et l’artiste Maud Royole Degieux, a donné une forme symbolique à ce message.

La table ronde politique avec les candidats à l’élection présidentielle avait pour sa part dû être annulée la veille de l’événement, faute de réponse à temps de plusieurs partis. Seuls les candidats de gauche et de l’extrême droite – ou leurs représentants – avaient confirmé leur présence à 24 heures de l’ouverture du Forum. L’absence de réponse jusqu’au dernier moment des partis de la droite républicaine provoquait un déséquilibre éditorial trop important pour que l’opération puisse être maintenue. 

Ce que le FNAF dit de 2027

Vingt ans après sa création, le FNAF n’est plus seulement un salon, mais un lieu où le secteur des associations et des fondations formule ses demandes avant la présidentielle. Elles tiennent en trois points : des financements pluriannuels et moins conditionnés, des libertés associatives garanties, une commande publique qui traite les associations en partenaires plutôt qu’en prestataires. 

Le constat de départ est partagé par tous les acteurs présents : l’utilité sociale des associations n’est plus contestée, c’est leur modèle économique qui reste à sécuriser. La campagne qui s’ouvre dira si les candidats l’ont entendu.

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