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125 ans de la loi 1901 : bienvenue dans l’ère des associations 4.0

Mais quel anniversaire ! Voilà 125 ans tout juste, en ce 1er juillet, naissait la loi de 1901. Une loi de libertés associatives qui fait aujourd’hui pâlir d’envie tant de pays du monde. À l’époque, pas de site internet, pas de réseaux sociaux, encore moins d’intelligence artificielle. Les associations recrutaient leurs bénévoles à la sortie de la messe, tapaient leurs courriers à la machine et tenaient leur comptabilité au stylo-plume.

Un siècle-et-quart plus tard, les voilà qui rédigent leurs appels à projets avec ChatGPT, créent leurs visuels grâce à l’IA générative, pilotent leurs campagnes de dons avec des outils prédictifs… et continuent de poursuivre le même objectif : servir l’intérêt général. À l’heure où la loi du 1er juillet 1901 souffle ses 125 bougies, nous sommes en droit de nous le demander : à quoi ressemblera l’association de demain, celle de l’ère 4.0 ?

De la liberté d’association à la liberté d’innover

Depuis 1901, les associations ont accompagné toutes les grandes transformations de la société : protection sociale, éducation populaire, sport, culture, environnement, lutte contre les discriminations, solidarité internationale ou encore économie sociale et solidaire. La loi de 1901 n’a donc pas seulement créé un statut juridique, elle a offert aux citoyens un formidable outil d’engagement collectif.

Pour célébrer cet anniversaire, Le Mouvement associatif et France générosités mettent à l’honneur ce soir, à la Maison des Métallos, à Paris, la campagne nationale « La France qui (se) bat », qui met en lumière celles et ceux qui, chaque jour, font vivre cette liberté d’agir.

En ce 1er juillet, une émission spéciale diffusée sur Radio Aligre va aussi réunir historiens, responsables associatifs, journalistes et acteurs de la société civile pour revenir sur les grands combats menés par les associations… mais aussi sur ceux qui les attendent. Car aujourd’hui, les interrogations portent moins sur l’histoire des associations que sur leur avenir.

Les associations à l’ère de l’intelligence artificielle

S’il fallait choisir un symbole de cette nouvelle époque, ce serait sans doute l’intelligence artificielle. France générosités publie justement, à l’occasion de cet anniversaire, le premier grand baromètre consacré aux usages de l’IA dans les organismes faisant appel à la générosité. Et le résultat surprend !

Dans les organisation à but non lucratif, 86 % des professionnels interrogés déclarent utiliser déjà l’intelligence artificielle dans leurs missions. Autrement dit, l’IA est déjà entrée dans les bureaux des associations.  En revanche, seules 39 % des personnes interrogées l’utilisent dans un cadre officiellement défini par leur organisation. Les autres expérimentent souvent par eux-mêmes, en dehors de toute politique interne : c’est ce que les auteurs de l’étude appellent le « shadow IA »

Une révolution pour l’intérêt général ?

Le phénomène n’est pas propre au secteur associatif. Mais il montre une chose : les usages avancent plus vite que les organisations. Et contrairement aux idées reçues, le principal frein n’est pas le financement : les associations interrogées évoquent d’abord un manque d’acculturation, de gouvernance et de cadre d’utilisation.

Autrement dit, la question n’est plus : « Faut-il utiliser l’IA ? », mais : « Comment l’utiliser sans renoncer aux valeurs de l’intérêt général ? ». D’ailleurs, un second volet de cette étude, attendu à l’automne, s’intéressera aux enjeux éthiques, à la transparence et à la gouvernance de ces nouveaux outils.

Pour l’heure, les usages qu’en font les associations sont très pragmatiques : rédaction de contenus, veille documentaire, recherche d’informations, création de supports de communication… En revanche, des domaines comme la collecte de dons, le référencement sur les moteurs de recherche ou le pilotage stratégique restent encore largement sous-exploités. Étonnamment !

Un secteur qui innove, sous forte tension

Cette capacité d’innovation intervient en effet dans un contexte de fragilité croissante. Le dernier Baromètre ORA de Recherches & Solidarités, réalisé auprès de près de 1 800 responsables associatifs, montre un secteur qui continue de s’adapter, mais avec des marges de manœuvre de plus en plus réduites.

Si près de deux dirigeants sur trois jugent encore la situation de leur association satisfaisante, les indicateurs se dégradent. Le bénévolat reste le principal point faible : moins d’une association sur deux estime disposer d’une situation favorable sur ce sujet.

Les associations employeuses apparaissent particulièrement sous pression. Beaucoup anticipent une rentrée difficile et certaines renoncent déjà à lancer de nouveaux projets ou envisagent de réduire leurs activités. Et près d’une association sur cinq cumule aujourd’hui des difficultés financières, de gouvernance et de mobilisation bénévole.

Les 125 prochaines années commencent aujourd’hui

Dans ce contexte, l’innovation technologique pourrait devenir moins un luxe qu’un levier pour gagner du temps, mieux communiquer et concentrer les équipes sur ce qui fait leur véritable valeur ajoutée : l’humain.

Comme souvent, la technologie ne remplacera ni les bénévoles, ni les salariés, ni les militants. En 1901, personne n’aurait imaginé qu’une association puisse recruter des bénévoles sur les réseaux sociaux, lancer une collecte en ligne en quelques clics ou demander à une intelligence artificielle de rédiger un premier jet de communiqué de presse.

Dans 125 ans, nos successeurs souriront probablement en découvrant que, en 2026, nous débattions encore pour savoir si l’IA avait sa place dans les associations. Car au fond, les associations n’ont peut-être jamais été aussi modernes. Et c’est sans doute la meilleure façon de célébrer les 125 ans d’une loi qui, elle, n’a pas pris une ride.

Découvrir les deux études :

L’usage de l’IA au sein des OSBL (France générosités) : 

https://www.francegenerosites.org/ressources/lusage-de-lia-au-sein-des-osbl-volet-1-etude-france-generosites-juin-2026/?utm_source=brevo&utm_medium=email&utm_campaign=membres_baro25

L’Opinion des Responsables Associatifs 2026 (Recherche & Solidarités) : 

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