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150 ans après leur création, les colonies de vacances séduisent toujours… mais accueillent de moins en moins d’enfants

Alors que s’ouvre la saison estivale, les colonies de vacances célèbrent leurs 150 ans. Bon anniversaire ! Ou pas… Car, plébiscitées par l’opinion publique et par les jeunes, elles voient leur fréquentation diminuer année après année. Un paradoxe qui interroge l’avenir des séjours collectifs, alors que des millions d’enfants ne partent toujours pas en vacances.

Les colonies de vacances, en effet, n’ont jamais autant souffert d’un décalage entre leur image et leur réalité. Alors que 75 % des Français déclarent en avoir une bonne opinion, leur fréquentation a chuté de 9 % en six ans, avec 132 000 départs en moins entre les saisons 2018-2019 et 2024-2025.

À l’occasion des 150 ans des premières colonies de vacances et des 90 ans des congés payés, un collectif réunissant Hexopée, Jeunesse au Plein Air, l’UNAT, l’UNOSEL, L’Office, ResoColo et les Scouts et Guides de France publie un sondage inédit réalisé par l’Ifop. Son principal enseignement tient en une contradiction : les Français continuent de croire aux bénéfices des séjours collectifs, mais ceux-ci accueillent de moins en moins d’enfants.

Des bénéfices éducatifs largement reconnus

Les résultats de cette enquête témoignent d’un consensus rare. Pour 91 % des personnes interrogées, les colonies permettent aux enfants de découvrir de nouvelles activités, favorisent l’apprentissage de la vie en collectivité et transmettent le respect de règles communes.

Les répondants sont également 87 % à considérer que ces séjours développent l’autonomie des enfants, et 84 % y voient un moyen efficace de les éloigner des écrans. Près de huit Français sur dix estiment enfin qu’ils constituent un complément éducatif utile à l’école. 

Des qualités qui résonnent fortement avec les préoccupations actuelles sur la santé mentale des jeunes, la sédentarité ou l’isolement social.

Les jeunes adultes, premiers défenseurs des colonies

Mieux, l’étude réserve une petite surprise bien agréable : ce sont les 18-24 ans qui expriment le soutien le plus marqué aux colonies de vacances ! On aurait pu croire l’enquête biaisée par les heureux souvenirs des parents et des grands-parents, il n’en est rien.

Près de neuf jeunes adultes sur dix ont en effet une image positive des colonies de vacances et 96 % souhaitent que les séjours collectifs occupent une place plus importante dans les politiques publiques en faveur de la jeunesse. Leur adhésion est d’autant plus remarquable que cette génération n’a pas davantage fréquenté les colonies que les générations précédentes.

À l’évidence, les colonies répondent donc à des attentes contemporaines : vivre des expériences collectives, gagner en autonomie, pratiquer des activités de plein air, ou se déconnecter des écrans.

Un modèle fragilisé par les difficultés économiques

Pourtant, cette adhésion ne suffit pas à enrayer le recul des départs en séjours collectifs. L’inflation, la hausse des coûts d’organisation, les difficultés de recrutement des équipes d’animation et les arbitrages budgétaires des familles pèsent lourdement sur le secteur.

À cela s’ajoute la fin du dispositif « Colos apprenantes » en 2026, qui contribuait à faciliter le départ des enfants les plus éloignés des vacances. 

Selon les organisations signataires, 4,2 millions d’enfants et de jeunes âgés de 5 à 19 ans ne sont pas partis en vacances en 2025. Un chiffre qui rappelle que le droit aux vacances demeure une réalité très inégalement répartie.

Un enjeu d’éducation populaire

Pour Hexopée, syndicat d’employeurs de l’économie sociale et solidaire qui représente notamment les acteurs de l’animation et de l’éducation populaire, cette étude constitue un appel aux pouvoirs publics, pour qu’ils renforcent durablement les politiques publiques en faveur des séjours collectifs.

Le message est également partagé par les six autres organisations partenaires. Car au-delà de leur dimension récréative, les colonies de vacances sont des espaces d’émancipation, de mixité sociale et d’apprentissage de la citoyenneté. Or, 150 ans après les premières initiatives de vacances collectives, ces missions demeurent plus actuelles que jamais.

Alors que juillet marque traditionnellement le temps des départs, l’avenir des colonies de vacances dépasse de loin la seule question des loisirs. Il s’agit de préserver un outil d’éducation populaire dont les Français reconnaissent massivement les bénéfices. Mais qui parvient de moins en moins bien à rester accessible à tous les enfants.

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