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Mécénat : Admical veut faire des ETI les piliers de l’intérêt général dans les territoires

Alors que les associations alertent sur la fragilisation de leurs financements, et au moment où les collectivités locales font face à des contraintes budgétaires croissantes, deux acteurs majeurs du mécénat et de l’entreprise lancent une initiative pour renforcer l’engagement territorial des entreprises de taille intermédiaire (ETI).

L’Association pour le développement du mécénat (Admical, en cours de fusion avec le CFF : lire ici) et le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) ont annoncé un partenariat destiné à accélérer le recours au mécénat au sein des ETI françaises. Leur ambition : faire de ces entreprises des acteurs encore plus structurants du financement de l’intérêt général dans les territoires.

Un potentiel encore largement inexploité

Aujourd’hui, seules 9 % des entreprises françaises pratiquent le mécénat, selon le Baromètre Admical 2025. Un chiffre qui peut sembler modeste, mais qui masque une réalité plus dynamique du côté des ETI.

À elles seules, les entreprises de taille intermédiaire consacrent près d’un milliard d’euros par an au mécénat, soit environ un tiers du mécénat d’entreprise en France. Un engagement qui s’explique notamment par leur forte implantation locale et leur proximité avec les enjeux de terrain.

Le phénomène avait déjà été mis en lumière en 2021 par l’étude Les ETI, engagées par nature, réalisée par le METI et le cabinet Equanity. Cette enquête soulignait la place singulière occupée par ces entreprises, souvent familiales, ancrées dans leur territoire et particulièrement attentives à leur environnement social.

Des entreprises enracinées dans les territoires

Les ETI occupent une position stratégique dans l’économie française. Au nombre de 7 200, elles emploient 3,8 millions de salariés, soit près d’un quart de l’emploi privé, et représentent environ 40 % de l’activité industrielle nationale.

Mais leur influence dépasse largement leur poids économique. Avec quelque 125 000 implantations réparties sur l’ensemble du territoire, elles sont souvent présentes dans les villes moyennes, les zones rurales ou les bassins industriels éloignés des grandes métropoles.

Cet ancrage historique leur confère une responsabilité particulière dans la vitalité locale. Patrimoine, culture, sport, biodiversité, insertion professionnelle ou santé : les domaines soutenus par les ETI reflètent généralement les besoins de proximité identifiés sur leur territoire d’implantation.

« Là où les financements publics se contractent, les entreprises peuvent contribuer à maintenir des initiatives essentielles à la cohésion sociale », résument les deux organisations.

Faire du mécénat un réflexe de dirigeant

Pour Admical et le METI, l’enjeu n’est pas seulement d’encourager davantage d’entreprises à donner. Il s’agit aussi de professionnaliser et de faciliter la démarche.

Le partenariat prévoit ainsi des actions de sensibilisation, de partage de bonnes pratiques et d’accompagnement des dirigeants. L’objectif est de lever les freins qui limitent encore le passage à l’action : méconnaissance des dispositifs, complexité administrative ou difficulté à identifier des projets locaux pertinents.

Selon le Baromètre Admical, huit entreprises mécènes sur dix sont situées en région et l’ancrage territorial constitue aujourd’hui leur deuxième motivation d’engagement, juste derrière la volonté d’agir pour l’intérêt général.

Pour les deux organisations, cette dynamique pourrait prendre une ampleur nouvelle dans les années à venir, à condition de mieux structurer les liens entre entreprises, associations, collectivités et services de l’État.

Une première mobilisation en Bretagne

Cette volonté de changement d’échelle a déjà trouvé une traduction concrète. Le 30 avril dernier, lors de l’assemblée générale du Club ETI Bretagne, plus de 70 dirigeantes et dirigeants se sont réunis pour échanger sur les pratiques de mécénat et les opportunités d’engagement local.

Un signal encourageant pour les promoteurs de cette initiative, qui voient dans les ETI un maillon essentiel des écosystèmes territoriaux.

À l’heure où les associations doivent faire face à une hausse des besoins sociaux et environnementaux, tandis que les ressources publiques se raréfient, le mécénat apparaît de plus en plus comme un outil de coopération entre acteurs privés et acteurs de l’intérêt général.

Pour Admical et le METI, les ETI disposent déjà des atouts nécessaires : une forte présence locale, des capacités financières significatives et des liens étroits avec les communautés où elles sont implantées. Reste désormais à transformer ce potentiel en mouvement collectif de plus grande ampleur.

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