Repeindre le local d’une association de quartier, rédiger sa stratégie de communication, remettre à plat son informatique : mis au service d’une association sur son temps de travail, un salarié produit des effets concrets et rapides. C’est le principe du mécénat de compétences, incroyablement bénéfique pour certaines associations. Une équipe de salariés prêtée à une association sur son temps de travail peut ainsi accomplir en une journée ce qu’elle mettrait des mois à faire.
Pourtant, moins de 10 % des PME pratiquent le mécénat de compétences. Le potentiel est donc considérable. L’enjeu n’est plus de convaincre les grands groupes qui le pratiquent déjà, mais de bâtir l’infrastructure qui permettra aux plus petites entreprises de s’y engager.
Dans cette émission « Partenaires d’Impact » parrainée par le Medef, l’association de référence du mécénat d’entreprise Admical et la Fondation Onet montrent comment des entreprises d’un même territoire, à Marseille, mutualisent leurs moyens pour changer d’échelle : Caroline Orofino-Daumas, directrice déléguée de la Fondation Onet, y confronte l’expérience d’un groupe de 77 000 collaborateurs à l’état des lieux dressé par Yann Queinnec, délégué général d’Admical.
Le mécénat de compétences, un levier qui fidélise
Selon le baromètre d’Admical, seules 16 % des entreprises mécènes recourent au mécénat de compétences. Le décrochage est net selon la taille : près de 75 % des grandes entreprises, environ 40 % des ETI, moins de 10 % des PME. Or les TPE, PME et ETI forment le gros contingent des entreprises françaises et se projettent sur tous les territoires.
Une fois lancées, en revanche, les entreprises restent. « Elles n’en sortent plus une fois qu’elles ont mis le doigt dedans », résume Yann Queinnec : cinq ans après, elles y sont toujours. Le moteur principal est l’image de la marque employeur, suivie de l’ancrage territorial. Les salariés concernés sont en début ou en fin de carrière, à parts égales. Enfin, 60 % des missions mobilisent l’expertise du salarié, et 40 % des compétences sans rapport avec son métier.
Onet : de la journée de chantier au mécénat d’expertise
Exemple avec la Fondation Onet, créée en 2010, qui lutte contre le mal-logement et la précarité. « Notre point de départ, c’est vraiment la réponse aux besoins des associations », explique Caroline Orofino-Daumas. Durant l’année, son rendez-vous phare est la journée solidarité et logement, qui a lieu depuis quinze ans chaque troisième vendredi de septembre, sur le temps de travail des collaborateurs. À l’origine, un seul projet était soutenu à Marseille, avec 30 collaborateurs. Aujourd’hui, 25 projets sont soutenus en France et à l’international par 400 salariés.
Cette émission décrit un exemple d’engagement à Marseille, au Contact Club, une association qui prévient la délinquance chez les jeunes. Son directeur, Slimane Bougademi, voit dans la remise en état de ses locaux grâce aux collaborateurs d’Onet un enjeu de dignité pour les jeunes : « Rafraîchir un lieu comme ça pour y recevoir les jeunes dignement, ça change tout. » Les jeunes y côtoient aussi des salariés de la logistique ou du nucléaire qu’ils n’auraient jamais croisés.
Notre émission aborde les différents enjeux du mécénat de compétences : team building ou réponse aux vrais besoins associatifs, défiscalisation ou non, type et durée de la mission, en début ou en fin de carrière des collaborateurs… jusqu’à la mutualisation concertée des forces de plusieurs entreprises pour apporter les réponses utiles aux associations d’un même territoire !


