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Upcoop investit 1,1 million d’euros dans éthi’Kdo pour accélérer la consommation responsable

La coopérative Upcoop entre au capital d’éthi’Kdo, pionnière de la carte cadeau écologique et solidaire, à hauteur de 1,1 million d’euros. Une alliance stratégique entre deux acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), qui entendent conjuguer changement d’échelle, développement commercial et fidélité à leurs valeurs coopératives.

L’intercoopération serait-elle l’une des clés du changement d’échelle dans l’économie sociale et solidaire ? C’est en tout cas le pari que font Upcoop et éthi’Kdo. La première, coopérative historique spécialisée dans les avantages aux salariés, vient d’investir 1,1 million d’euros au capital de la seconde, une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui développe depuis plusieurs années des alternatives responsables aux cartes cadeaux traditionnelles.

L’objectif est double : donner à éthi’Kdo les moyens d’accélérer sa croissance et permettre à Upcoop de renforcer son offre en matière de consommation responsable. Le tout sur un marché français de la carte cadeau estimé à plus de 8 milliards d’euros par an, selon Séverin Prats, cofondateur et dirigeant d’éthi’Kdo.

Un changement d’échelle pour éthi’Kdo

Pour la jeune coopérative, l’entrée d’Upcoop à son capital constitue un levier de développement majeur. Fondé sur un modèle à but non lucratif, éthi’Kdo propose des solutions cadeaux et des avantages salariés qui orientent les dépenses vers des enseignes engagées sur les plans social et environnemental.

Son réseau rassemble aujourd’hui 2 500 marques et enseignes partenaires. Outre sa carte cadeau historique, la coopérative développe trois autres offres : Kadoresto, éthiK’avantages et éthiK’Pay, destinées notamment aux entreprises et aux comités sociaux et économiques (CSE).

En rejoignant son capital, Upcoop lui ouvre de nouvelles perspectives commerciales, notamment auprès de ses 100 000 clients professionnels. éthi’Kdo pourra également bénéficier de l’expertise d’un groupe présent dans 25 pays, fort de 3 500 salariés et de plus de 60 ans d’expérience.

« Grandir sans renoncer à nos valeurs : c’est tout l’enjeu de cette alliance. En nous rapprochant d’Upcoop, nous pouvons accéder à de nouveaux marchés, développer nos compétences et accélérer notre croissance, tout en restant fidèles au projet qui a fondé éthi’Kdo », explique Séverin Prats.

L’intercoopération plutôt que la perte d’indépendance

Au-delà de l’opération financière, ce rapprochement illustre une autre manière d’envisager le développement des entreprises de l’ESS : faire appel à la puissance économique d’une coopérative établie pour accompagner la croissance d’une structure plus jeune, sans remettre en cause son modèle.

Upcoop, société coopérative et participative (SCOP) née en 1964 avec le Chèque Déjeuner, revendique cette logique de coopération comme un prolongement de sa mission.

« Notre entrée au capital d’éthi’Kdo est cohérente avec ce que nous sommes et avec notre raison d’être : coopérer durablement pour un pouvoir d’achat à utilité sociale et locale. Notre ambition est de donner à éthi’Kdo les moyens de changer d’échelle et de renforcer son impact, sans dénaturer son identité ni son projet », souligne Marc Buisson, président-directeur général d’Upcoop.

L’opération doit ainsi préserver le statut de SCIC d’éthi’Kdo et sa gouvernance multipartite, associant salariés, enseignes, associations et partenaires. Un point essentiel pour la jeune entreprise, qui entend conserver son autonomie et sa mission d’intérêt collectif.

Faire du pouvoir d’achat un levier de transition

L’enjeu dépasse toutefois le seul développement des deux entreprises. Avec cette alliance, Upcoop et éthi’Kdo cherchent à réorienter une partie des dépenses liées aux cadeaux et aux avantages salariés vers des acteurs économiques plus responsables, locaux et solidaires.

Les entreprises et les CSE constituent à cet égard un levier important : leurs budgets cadeaux peuvent contribuer à soutenir des enseignes engagées, des commerces de proximité et des modes de consommation plus durables.

Pour Séverin Prats, cette opération démontre surtout que les coopératives peuvent trouver entre elles les ressources nécessaires à leur développement. Sur LinkedIn, le dirigeant se réjouit d’une alliance qui témoigne, selon lui, de la vitalité de l’intercoopération « à une époque où les défis sociétaux demandent de nouvelles alliances pour être relevés ».

Dans une période où les entreprises de l’ESS cherchent à diversifier leurs financements et à consolider leur modèle économique, ce rapprochement offre un exemple concret de coopération capitalistique entre acteurs partageant des valeurs communes. 

Reste désormais à mesurer sa capacité à transformer les pratiques de consommation et à faire progresser la part des cadeaux responsables sur un marché encore largement dominé par les circuits traditionnels.

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